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12/11/2011

Renard & Renard


renard.jpgRenard & Renard

Max Bolliger - Klaus Ensikat
La Joie de Lire, 2002, 16,50€
Les deux renards auraient pu couler des jours heureux dans leur terrier si Renard courageux, s'ennuyant de la monotonie du quotidien, ne s'était décidé à découvrir le monde. Beau projet, certes, mais semé d'embuches et de difficultés pour survivre sur des terres hostiles. Cependant, Renard peureux, quant à lui, fait de bien belles découvertes; une fleur par ci, un papillon par là, et du bricolage pour améliorer son habitat. Renard courageux finira par regagner le foyer, harassé, abattu et blessé. Pourtant, parfois, il s'en va à nouveau en quête d'autres horizons.
Bien plus qu'une histoire de renards, bien plus qu'une histoire d'amitié, de différence et de désir d'ailleurs, "Renard & Renard" est une fable parfaitement construite en trois actes distincts : Acte I, le prologue, où l'on découvre lieu et personnages ; Acte II, où l'on voit chaque renard évoluer seul pour une période de sept jours ; enfin l'Acte III où les retrouvailles. Avant, pendant, après. La psychologie des deux personnages est contenue dans le fort implicite du texte qui pourrait sembler très simple à un lecteur trop hâtif. Mais c'est sans percevoir les états d'âme de nos deux héros, leur dualités, leurs contradictions et leurs doutes. Ai-je bien fait? Comment va mon ami? Voilà les questions qu'ils se posent. Des questions sur le sens de la vie.
Les illustrations de Klaus Ensikat trompent également le lecteur au premier coup d'oeil. Sous couvert d'un classicisme parfaitement esthétique qui n'est pas sans nous rappeler le graphisme charmant de Barbara Mc Clintock éditée en France chez Circonflexe, on sent bien aux regards expressifs, tristes ou féroces des deux renards que les illustrations portent un souffle, un mouvement qui dépasse largement les images "pour faire joli". Structure impeccable, mise en page parfaite, cet album a tout d'un grand livre. Le bonheur serait-il au bout du terrier? -Anne

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22/09/2010

Le canard, la mort et la tulipe


canard.jpgLe canard, la mort et la tulipe
Wolf Erlbruch
La Joie de Lire, 2007, 15,90€
Un jour, près de l'étang, le canard rencontre la mort. Tout d'abord effrayé et apeuré, il va petit à petit nouer une relation amicale avec cette dernière. Ils chemineront et barvaderont ensemble... jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Wolf Erlbruch nous avait déjà donné des pistes de réponses face à "la Grande Question", celle du pourquoi de la vie, dans l'album éponyme inoubliable publié en France aux éditions Être en 2003, album maintes fois primé à juste titre.
Dans ce nouvel ouvrage, qui peut-être lu comme un pendant au précédent, c'est comme si l'auteur nous offrait un arrêt sur image sur la réponse que la Mort donné à la Grande Question: "Tu es là pour aimer la vie", disait-elle alors au jeune protagoniste. Le canard, quant à lui, n'avait strictement aucune idée du pourquoi de son existance. C'était d'ailleurs l'unique personnage du livre qui n'avait pas de réponse.
Le temps a passé, et si le canard ne sait pourquoi il vit, une chose est sûre, c'est que dans "Le canard, la mort et la tulipe", le volatile aime la vie et appréhende le fait de disparaître à jamais, ce que nul ne saurait lui reprocher. Lui et la mort vont apprendre à se connaître au fil des pages du livre, à s'accepter et même à s'aimer. L'ouvrage est d'une justesse, d'une délicatesse et d'une pudeur rare, considérant le lecteur, qu'il ait 6 ou 66 ans comme un être sensible et intelligent auquel on peut confier des propos intimes sans jamais avoir peur d'être trahi ou incompris. L'illustration toujours dépouillée et sobre de Erlbruch va elle aussi à l'essentiel. Jamis superflues, accompagnant le texte avec finesse, les images de l'auteur renforcent la douceur et l'humanité qui se dégagent du livre. C'est un véritable tour de force qu'effectue Erlbruch ici. Il arrive à parler d'un sujet réputé tabou et délicat avec gravité certes, mais sans tristesse aucune, et parvient à nous émouvoir et même à nous faire sourire. Il y a une évidence et une pureté dans "Le canard, la mort et la tulipe" rarement égalée en littérature de jeunesse.
Comme nous dit la mort à la toute fin de l'album, après le decès du canard : "Ainsi va la vie...". -Anne

 

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25/08/2010

Que non je mange! ; Que non je m'habille !



que nn je mange.jpgQue non je mange ! et Que non je m'habille !

Jeanne Ashbé
Pastel, 1999, 8,50€
Qui l'eut cru? Des chaussettes que l'on prend pour des serpents, un cochon transformé en pyjama, un bonhomme de neige qui n'est autre qu'une serviette de bain... et bien d'autres objets de la vie quotidienne des jeunes enfants qui nourriront leur imaginaire dans "Que non je m'habille !".
Dans "Que non je mange !", c'est au tour de l'île déserte d'être transformée en purée, à la barbe blanche du Père Noël de ressembler étrangement à un yaourt, à la lune de se métamorphoser en banane...
Le principe des deux ouvrages est le même : l'auteur présente tout d'abord un animal ou une chose, puis, à la page suivante, utilise les similitudes qu'un bébé peut y trouver au niveau des couleurs ou de la forme pour l'apparenter à un objet de la vie des petits. Tel est le fonctionnement de ces deux livres de Jeanne Ashbé, auteur illustrateur spécialisé dans la vie et les livres des tout petits (0-3 ans), dont le talent n'est plus à démontrer.
Les ouvrages de Jeanne Ashbé, et c'est ce qui fait leur singularité, partent toujours du point de vue de l'enfant. Le monde est décrit à travers son imaginaire, son regard et sa perception de l'entourage. Phrases courtes et très rythmées, quasiment sous forme de comptines, question-réponses, "que voici, que voilà", tel est le style "ashbétien". Sous couvert de mots simples et légers, l'auteur s'attache à rassurer les enfants, tant par les thèmes développés dans l'ensemble de son oeuvre (l'environnement, la naissance, la séparation, la relation avec les autres, ...) que par la manière dont elle les exploite. Le monde de Jeanne Ashbé est non seulement vu par le bébé mais aussi pour lui. Elle sait aiguiser sa curiosité au fil des pages, ainsi que la nôtre, mêlant refrains et "petits mots" tendres et familiers à une langue musicale et douce pour les oreilles.
que nn je m'habille.jpgMais ce qui d'emblée accroche le lecteur dans ces ouvrages, ce sont les illustrations : des bouilles rondes et adorables, des formes simples sans être simplistes, des enfants qui reflètent la diversité des peuples, et des couleurs superbes, chaudes, vives mais jamais criardes. Un régal tant pour les yeux que pour les oreilles. Voyons, voyons... C'est un livre de Jeanne Ashbé.
-Anne

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Le monsieur, la dame et le quelque chose dans le ventre


le monsieu.jpgLe monsieur, la dame et le quelque chose dans le ventre

Kim Fupz Aakeson & Eva Eriksson
Traduction danoise de Nils Ahl
Pastel, 2003, 13,00€
Tout commence comme un conte de fées. Un couple s'aime d'amour tendre, tant et si bien qu'un beau matin la dame annonce au monsieur avoir "quelque chose dans le ventre". Ensemble ils se préparent à cet heureux évènement, garçon ou fille, peu importe... Ce sera un beau bébé, qu'ils ont hâte d'accueillir. Le jour J, la dame accouche... du "plus mignon des petits singes" ! A partir de là, le conte de fées bascule en cauchemar. Les deux jeunes parents sont tour à tour stupéfaits, ébranlés, honteux, et profondément attristés, on le serait à moins ! C'est l'enfer ! L'enfer de ne pas avoir la destinée qu'ils s'étaient promise, l'enfer et la honte qu'ils éprouvent en affrontant le regard des Autres, jusqu'à ce qu'ils échouent, silhouettes errantes devenues les ombres d'eux-mêmes, dans un zoo... devant la cage des singes où, ô stupeur, ils découvrent un bébé au milieux des animaux. En cet instant, ils songent qu'il serait plus aisé d'échanger leur singe avec le petit humain. Mais, "ils découvrirent qu'on ne peut pas (...) quelque chose à l'intérieur qui nous empêche (...) quelque chose d'étrange". Quelque chose qui ressemble à l'amour.
Cet album, signé Kim Fupz Aakeson et traduit du danois, est un petit bijou d'écriture. La phrase est impeccable et le rythme agréable; le tout regorgeant d'un humour très fin, peut-être propre à l'Europe du nord. Sous couvert d'un phrasé limpide ce texte d'une rare qualité nous emmène dans une profonde réflexion sur la norme et l'amour, servi par les crayonnés tendres et légers d'Eva Eriksson. -Anne

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10/06/2010

Jésus Betz


jesus betz.jpgJésus Betz
Fred Bernard-François Roca
Seuil jeunesse, 2001, 16,50€
Jésus Betz, récit envoûtant retraçant l'itinéraire d'un homme-tronc doté d'une voix magnifique et d'une mémoire prodigieuse, est un album qui restera à jamais gravé dans le coeur de ses lecteurs. Comment rester impassible face à la quête d'amour et de reconnaissance de cet être "différent", face à la vie tantôt gaie mais souvent triste de Jésus Betz, celui que l'on montre du doigt, que l'on maltraite et que l'on piétine?
Autour de lui gravitent des personnages très bien campés, comme "la belle grosse Mamamita", l'ami fidèle de Jésus, Pollux, sans parler de sa fiancée, Kama Sutra, la charmante contorsionniste devenue muette depuis qu'un magicien lui a brisé le coeur...
La langue de Fred Bernard est belle, travaillée. Avec des mots simples et choisis avec soin, des phrases riches en images, l'auteur nous transporte dans son univers de marginaux. Fred Bernard se plaît, peut-être pour donner des respirations à ce texte si dense parfois très dur, à intercaler au récit de Jésus des dates historiques, sur un mode journalistique, régulant ainsi l'intensité de son propos, et permettant au lecteur de mieux gérer son émotion. Et puis, il nous montre ainsi que son personnage s'inscrit dans une époque, lui qui retient si bien les dates. Quant aux illustrations signées François Roca, elles sont saisissantes par leur beauté, leur puissance; il semble à tout moment que les visages s'apprêtent à surgir du livre pour devenir vivants. Si j'osais, je dirais que Jésus Betz est un chef d'oeuvre. -Anne

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Strongboy, le tee-shirt du pouvoir


strongboy.jpgStrongboy, le tee-shirt du pouvoir

Ilya Green
Didier jeunesse, 2007, 10,90€
Olga, petite fille au caractère bien trempé, s'est munie d'un tee-shirt "strongboy", un tee-shirt de pouvoir qui, croit-elle, la rend invisible et omnipotente. Mais c'est sans compter avec ses camarades qui vont eux aussi à leur tour revêtir le même tee-shirt... offert par le marchand de glaces pour l'achat d'une des ses crèmes glacées ! Le chaos et les luttes de... pouvoir s'installent alors dans le groupe d'enfants.
C'est un bijou d'humour et d'intelligence que nous offre là Ilya Green après "Olga arracheuse de marguerite" où déjà cette même héroïne, personnage récurrent de l'auteur, nous avait fait sourire.
Outre l'illustration personnelle et stylisée, à dominante de rouge et de blanc, les dialogues qui sonnent juste ainsi que la mise en page inventive de l'album contribuent eux aussi à la qualité de l'ouvrage. Sans parler de la chute, excellente elle aussi, qui ravit le lecteur jusqu'au point final du livre. -Anne

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21/04/2010

La plus belle fille de la planète

fille.jpgLa plus belle fille de la planète
Guillaume Guéraud - Frédéric Rébéna
Milan poche cadet, 2001, 5,40€
Guillaume Guéraud, avec ce petit roman sur les premiers tourments amoureux, nous offre un pur moment de plaisir. Les sentiments qu'il y décrit avec finesse, universels et intemporels, ne peuvent que nous toucher. Par le biais du narrateur, l'alter-égo de l'auteur, ce garçon fou amoureux de la belle Pâquerette, l'égérie de la classe, l'auteur nous entraîne dans les méandres de lâme enfantine de son jeune héros. Il jongle avec l'humour et l'émotion et sait tour à tour nous faire rire et sourire. Ce texte, servi par les illustrations de Rébéna, nous fait bien espérer que l'année sera torride dans les cours de récré... -Anne

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