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08/06/2011

Les rhumes


les rhumes.jpgLes Rhumes
André François
Delpire Editeur, 10€
Ce petit album écrit et illustré par André François fut initialement créé en 1966. L'artiste l'avait réalisé lors d'une campagne publicitaire des laboratoires Beaufour. C'est si drôle, ce petit catalogue de rhumes tous plus fantasques et sympathiques les uns que les autres. Où l'on découvre tout sourire les deux grandes catégories de rhumes; les bons et les mauvais, le gros rhume, les épidémies de rhume, le rhume des foins....

Le livre est rythmé, subtil et fin...c'est un de ces petits bijoux que les albums graphiques pour adultes nous réservent, quand ils sont réussis. Il y a une évidence et une belle simplicité dans cet ouvrage. Beaucoup de travail sans doute sous couvert d'une légèreté apparente. Un grand merci à Robert Delpire pour la belle initiative de poursuivre son travail de mise en lumière éditoriale du grand artiste qu'était André François. Ses charmants rhumes n'ont pas pris une ride...à croire que le rhume conserve! Un pur délice de lecture, à lire enrhumé...ou pas. -Anne

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20/01/2011

C'est l'heure


c'est l'heure du bain.jpgC'est l'heure

Katy Cleminson
Kaleidoscope, 13,00€

Un petit garçon se lève avec l'aide d'un éléphant, s'étire tel un chat, s'habille en indien pour aller à l'école où le maître, un ours bienveillant habillé d'un tricot rouge, fait la classe aux enfants. Avec son meilleur ami un raton laveur, il partage ses activités et la récréation avant de rentrer chez lui pour se retrouver autour de la table à côté de papa lion épuisé par sa journée de travail et maman hippopotame toujours pleine d'attentions. Enfin le lion, l'hippopotame et le petit garçon lisent une histoire avant que ce dernier retrouve son lit pour rêver encore et encore.
Ce très bel album nous parle du quotidien à travers le formibable imaginaire de l'enfant. A chaque heure de la journée un rêve éveillé mêlant la réalité d'une journée classique et la fantaisie de l'enfant qui apporte à sa routine ses propres envies, son monde à lui que les dessins de la jeune Katy Cleminson rendent doux et merveilleux. Un album qui sonne comme une comptine, rythmé par les verbes : “se lever, s'habiller, rire, danser, lire, s'amuser, écouter, dîner, dormir rêver...” et que l'on peut lire le soir, avant le coucher, comme une promesse d'un lendemain plein de surprises.

Une jolie manière d'aborder un thème simple en encourageant l'imaginaire de l'enfant et la part de rêve qui réside en chacun de nous. A partir de 3 ans. -Pauline

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22/09/2010

Le canard, la mort et la tulipe


canard.jpgLe canard, la mort et la tulipe
Wolf Erlbruch
La Joie de Lire, 2007, 15,90€
Un jour, près de l'étang, le canard rencontre la mort. Tout d'abord effrayé et apeuré, il va petit à petit nouer une relation amicale avec cette dernière. Ils chemineront et barvaderont ensemble... jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Wolf Erlbruch nous avait déjà donné des pistes de réponses face à "la Grande Question", celle du pourquoi de la vie, dans l'album éponyme inoubliable publié en France aux éditions Être en 2003, album maintes fois primé à juste titre.
Dans ce nouvel ouvrage, qui peut-être lu comme un pendant au précédent, c'est comme si l'auteur nous offrait un arrêt sur image sur la réponse que la Mort donné à la Grande Question: "Tu es là pour aimer la vie", disait-elle alors au jeune protagoniste. Le canard, quant à lui, n'avait strictement aucune idée du pourquoi de son existance. C'était d'ailleurs l'unique personnage du livre qui n'avait pas de réponse.
Le temps a passé, et si le canard ne sait pourquoi il vit, une chose est sûre, c'est que dans "Le canard, la mort et la tulipe", le volatile aime la vie et appréhende le fait de disparaître à jamais, ce que nul ne saurait lui reprocher. Lui et la mort vont apprendre à se connaître au fil des pages du livre, à s'accepter et même à s'aimer. L'ouvrage est d'une justesse, d'une délicatesse et d'une pudeur rare, considérant le lecteur, qu'il ait 6 ou 66 ans comme un être sensible et intelligent auquel on peut confier des propos intimes sans jamais avoir peur d'être trahi ou incompris. L'illustration toujours dépouillée et sobre de Erlbruch va elle aussi à l'essentiel. Jamis superflues, accompagnant le texte avec finesse, les images de l'auteur renforcent la douceur et l'humanité qui se dégagent du livre. C'est un véritable tour de force qu'effectue Erlbruch ici. Il arrive à parler d'un sujet réputé tabou et délicat avec gravité certes, mais sans tristesse aucune, et parvient à nous émouvoir et même à nous faire sourire. Il y a une évidence et une pureté dans "Le canard, la mort et la tulipe" rarement égalée en littérature de jeunesse.
Comme nous dit la mort à la toute fin de l'album, après le decès du canard : "Ainsi va la vie...". -Anne

 

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25/08/2010

Que non je mange! ; Que non je m'habille !



que nn je mange.jpgQue non je mange ! et Que non je m'habille !

Jeanne Ashbé
Pastel, 1999, 8,50€
Qui l'eut cru? Des chaussettes que l'on prend pour des serpents, un cochon transformé en pyjama, un bonhomme de neige qui n'est autre qu'une serviette de bain... et bien d'autres objets de la vie quotidienne des jeunes enfants qui nourriront leur imaginaire dans "Que non je m'habille !".
Dans "Que non je mange !", c'est au tour de l'île déserte d'être transformée en purée, à la barbe blanche du Père Noël de ressembler étrangement à un yaourt, à la lune de se métamorphoser en banane...
Le principe des deux ouvrages est le même : l'auteur présente tout d'abord un animal ou une chose, puis, à la page suivante, utilise les similitudes qu'un bébé peut y trouver au niveau des couleurs ou de la forme pour l'apparenter à un objet de la vie des petits. Tel est le fonctionnement de ces deux livres de Jeanne Ashbé, auteur illustrateur spécialisé dans la vie et les livres des tout petits (0-3 ans), dont le talent n'est plus à démontrer.
Les ouvrages de Jeanne Ashbé, et c'est ce qui fait leur singularité, partent toujours du point de vue de l'enfant. Le monde est décrit à travers son imaginaire, son regard et sa perception de l'entourage. Phrases courtes et très rythmées, quasiment sous forme de comptines, question-réponses, "que voici, que voilà", tel est le style "ashbétien". Sous couvert de mots simples et légers, l'auteur s'attache à rassurer les enfants, tant par les thèmes développés dans l'ensemble de son oeuvre (l'environnement, la naissance, la séparation, la relation avec les autres, ...) que par la manière dont elle les exploite. Le monde de Jeanne Ashbé est non seulement vu par le bébé mais aussi pour lui. Elle sait aiguiser sa curiosité au fil des pages, ainsi que la nôtre, mêlant refrains et "petits mots" tendres et familiers à une langue musicale et douce pour les oreilles.
que nn je m'habille.jpgMais ce qui d'emblée accroche le lecteur dans ces ouvrages, ce sont les illustrations : des bouilles rondes et adorables, des formes simples sans être simplistes, des enfants qui reflètent la diversité des peuples, et des couleurs superbes, chaudes, vives mais jamais criardes. Un régal tant pour les yeux que pour les oreilles. Voyons, voyons... C'est un livre de Jeanne Ashbé.
-Anne

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Le monsieur, la dame et le quelque chose dans le ventre


le monsieu.jpgLe monsieur, la dame et le quelque chose dans le ventre

Kim Fupz Aakeson & Eva Eriksson
Traduction danoise de Nils Ahl
Pastel, 2003, 13,00€
Tout commence comme un conte de fées. Un couple s'aime d'amour tendre, tant et si bien qu'un beau matin la dame annonce au monsieur avoir "quelque chose dans le ventre". Ensemble ils se préparent à cet heureux évènement, garçon ou fille, peu importe... Ce sera un beau bébé, qu'ils ont hâte d'accueillir. Le jour J, la dame accouche... du "plus mignon des petits singes" ! A partir de là, le conte de fées bascule en cauchemar. Les deux jeunes parents sont tour à tour stupéfaits, ébranlés, honteux, et profondément attristés, on le serait à moins ! C'est l'enfer ! L'enfer de ne pas avoir la destinée qu'ils s'étaient promise, l'enfer et la honte qu'ils éprouvent en affrontant le regard des Autres, jusqu'à ce qu'ils échouent, silhouettes errantes devenues les ombres d'eux-mêmes, dans un zoo... devant la cage des singes où, ô stupeur, ils découvrent un bébé au milieux des animaux. En cet instant, ils songent qu'il serait plus aisé d'échanger leur singe avec le petit humain. Mais, "ils découvrirent qu'on ne peut pas (...) quelque chose à l'intérieur qui nous empêche (...) quelque chose d'étrange". Quelque chose qui ressemble à l'amour.
Cet album, signé Kim Fupz Aakeson et traduit du danois, est un petit bijou d'écriture. La phrase est impeccable et le rythme agréable; le tout regorgeant d'un humour très fin, peut-être propre à l'Europe du nord. Sous couvert d'un phrasé limpide ce texte d'une rare qualité nous emmène dans une profonde réflexion sur la norme et l'amour, servi par les crayonnés tendres et légers d'Eva Eriksson. -Anne

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10/06/2010

Jésus Betz


jesus betz.jpgJésus Betz
Fred Bernard-François Roca
Seuil jeunesse, 2001, 16,50€
Jésus Betz, récit envoûtant retraçant l'itinéraire d'un homme-tronc doté d'une voix magnifique et d'une mémoire prodigieuse, est un album qui restera à jamais gravé dans le coeur de ses lecteurs. Comment rester impassible face à la quête d'amour et de reconnaissance de cet être "différent", face à la vie tantôt gaie mais souvent triste de Jésus Betz, celui que l'on montre du doigt, que l'on maltraite et que l'on piétine?
Autour de lui gravitent des personnages très bien campés, comme "la belle grosse Mamamita", l'ami fidèle de Jésus, Pollux, sans parler de sa fiancée, Kama Sutra, la charmante contorsionniste devenue muette depuis qu'un magicien lui a brisé le coeur...
La langue de Fred Bernard est belle, travaillée. Avec des mots simples et choisis avec soin, des phrases riches en images, l'auteur nous transporte dans son univers de marginaux. Fred Bernard se plaît, peut-être pour donner des respirations à ce texte si dense parfois très dur, à intercaler au récit de Jésus des dates historiques, sur un mode journalistique, régulant ainsi l'intensité de son propos, et permettant au lecteur de mieux gérer son émotion. Et puis, il nous montre ainsi que son personnage s'inscrit dans une époque, lui qui retient si bien les dates. Quant aux illustrations signées François Roca, elles sont saisissantes par leur beauté, leur puissance; il semble à tout moment que les visages s'apprêtent à surgir du livre pour devenir vivants. Si j'osais, je dirais que Jésus Betz est un chef d'oeuvre. -Anne

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Strongboy, le tee-shirt du pouvoir


strongboy.jpgStrongboy, le tee-shirt du pouvoir

Ilya Green
Didier jeunesse, 2007, 10,90€
Olga, petite fille au caractère bien trempé, s'est munie d'un tee-shirt "strongboy", un tee-shirt de pouvoir qui, croit-elle, la rend invisible et omnipotente. Mais c'est sans compter avec ses camarades qui vont eux aussi à leur tour revêtir le même tee-shirt... offert par le marchand de glaces pour l'achat d'une des ses crèmes glacées ! Le chaos et les luttes de... pouvoir s'installent alors dans le groupe d'enfants.
C'est un bijou d'humour et d'intelligence que nous offre là Ilya Green après "Olga arracheuse de marguerite" où déjà cette même héroïne, personnage récurrent de l'auteur, nous avait fait sourire.
Outre l'illustration personnelle et stylisée, à dominante de rouge et de blanc, les dialogues qui sonnent juste ainsi que la mise en page inventive de l'album contribuent eux aussi à la qualité de l'ouvrage. Sans parler de la chute, excellente elle aussi, qui ravit le lecteur jusqu'au point final du livre. -Anne

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04/02/2010

Majestic ciné


imagesCAFAE50J.jpgMajestic Ciné

Sylvie Bessard
Editions du Rouergue, 10,37€
La vie et l’évolution d’un petit cinéma de quartier narrées par …un fauteuil de salle, le 57B (d’où le titre de la pièce de la compagnie Juste à Temps). Ce fauteuil est le personnage principal de l’album, et c’est à travers son regard que l’ouvrage nous présente une belle rétrospective du cinéma des années 20 aux années 90, et surtout du cinéma de genre, avec un bel hommage aux séries B.
L’ouvrage est drôle et enlevé, rythmé et plein d’humour. Plusieurs lectures y sont possibles, selon l’âge et la culture cinématographique du lecteur.
Mais c’est aussi la vie et les transformations d’une salle de quartier, d’un lieu de lien social et de culture de proximité que 57B nous présente ; les spectateurs malpolis, les objets oubliés, les chewing-gums collés sous son assise…tout y passe. Jusqu’à ce que notre sympathique fauteuil échoue dans le salon du couple gérant le cinéma…une belle retraite s’annonce alors pour notre ami le 57B ! -Anne

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03/08/2009

Au pays des petits poux


aux pays des petits poux.jpg
Au pays des petits poux
Beatrice Alemagna
Editions Phaidon, 9,95€

Voici de bien jolis petits poux, que l’on aimerait pouvoir épingler sur nos têtes. Le Pays des Petits Poux -comme c’est un titre agréable à dire et répéter !- c’est un vieux matelas, et comme les poux aiment à sautiller, une fête est organisée par l’un deux. Ce sera l’occasion pour chacun des habitants de ce pays de se confronter à leurs différences et à les dépasser. Si le propos n’est pas des plus inventifs, nous retrouvons ici la sensibilité et la beauté de l’univers visuel de Béatrice Alemagna, avec une surprise : l’illustratrice a travaillé la laine bouillie, la broderie et les tissus appliqués et le résultat est irrésistible. Elle nous livre une galerie de portraits de poux réjouissante, expressive et nuancée, aux couleurs épatantes.
A la lecture de cet album, les petits lecteurs éliront à coup sûr le poux qu’ils préfèrent, occasion idéale pour discuter des poux et des couleurs…heu…des goûts et des couleurs, et de mettre des mots sur nos sensations esthétiques.
Et vous, alors, quel poux préférez-vous ?!? A partir de 3 ans. -Stéphanie

 

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31/07/2009

Iwamura mon amour

 

la mare aux libellules.jpgLes albums d'Iwamura n'ont l'air de rien, comme ça. Une famille de petites souris, au milieu des bois, une vie sans grandes aventures. La phrase en exergue semble donner le ton : “Grand-père, Grand-Mère, Papa, Maman, et nous, les dix enfants, nous formons une famille de quatorze souris. Moi, Benjamin, je suis le plus petit.” Oui, un côté gentillet, bons sentiments.

Mais il y a ensuite cette qualité de dessin, qui n'en met pas plein les yeux et qui s'impose tranquillement, ce trait botanique, entomologique, cette attention au réel...alors on lit Iwamura, on regarde Iwamura, et parfois, on ne s'arrête plus, comme moi !
La famille souris, ce sont trois générations sous un même toit, une petite famille japonaise traditionnelle, qui vit dans un tronc d'arbre. De livre en livre, c'est leur quotidien qui nous est donné à lire et voir. Les albums d'Iwamura se présentent comme des fenêtres ouvertes sur la nature, le temps, le rythme des jours et des saisons, et diffusent leur douceur de vivre, leur sérénité, finalement bien loin de toute mièvrerie.
Le texte est réduit au minimum, une ligne en bas de page. Il ne décrit pas l'image, mais oriente le regard, invite le lecteur à observer, à prêter attention aux détails qui se cachent dans chaque illustrations, c'est là, sous les fougères, une petite grenouille, où là, plus haut, sur le tronc du châtaignier, un scarabée ! Le regard du lecteur rejoint l'attention et la curiosité spontanées de l'enfant devant les éléments naturels.
Ce qui se passe entre les membres de la famille déborde du texte : au lecteur de lire l'image, en cela les différents albums d'Iwamura pourraient presque ressembler à des albums sans texte. Presque, car même si l'auteur se place délibérément dans l'économie de mots, il les choisit méticuleusement. La première phrase installe souvent une unité de lieu, de temps, de saison

« Après de longues journées de pluie, le soleil illumine la forêt. Les cigales commencent à chanter : c'est l'été »

“Les ombres s'allongent au soleil couchant. “La lessive est sèche”, annonce grand- mère.”

Ces entrées s'inscrivent dans la tradition littéraire japonaise, rappelant les contraintes du Haïku, celle du kigo, par exemple, la référence aux saisons sous forme d'évocation, de symbole. Les albums de la famille souris arrivent à nous plonger dans la culture japonaise, naturellement, sans chercher à forcer le trait “japonisant” ; album après album on s'imbibe de traditions et d'art de vivre nippons et cette aisance dans la découverte d'un ailleurs est un des grands plaisir que procure Iwamura.

Le texte laisse la part belle aux descriptions de la nature :

“Ici, c'est si beau que personne ne parle...Des milliers d'herbes ondulent et, là-haut, les libellules aux ailes de papier de soie se balancent doucement.”

“Et voici que lentement, lentement, la Lune apparaît derrière les collines...Comme elle est ronde et immense ! On croit y voir des montagnes et des océans.”

Iwamura exprime parfois avec une sensibilité spirituelle, assez inhabituelle pour nous, européens, cette attention, cette écoute de la nature :

“Repose-toi bien, petite graine, prends des forces et donne-nous une belle plante vigoureuse”

“Maintenant les grands sont silencieux. “Que fais-tu, Grand-Père ?” “Je remercie la

Lune qui nous éclaire ce soir d'une si douce lumière d'argent...””

Les illustrations d'Iwamura traduisent de toute évidence cette qualité d'observation des êtres et des choses, ainsi qu' une grande connaissance de la nature. Chaque plante, chaque insecte, sont reconnaissables. Les variations de lumières selon les heures de la journée ponctuent et rythment très souvent la lecture des albums. Mais le trait d'Iwamura n'est pas pour autant celui d'un “spécialiste”, d'un scientifique. Car il émane de ses dessins une grande douceur, un goût certain des couleurs, et le plaisir de jouer avec différents angles de vue, différentes échelles, qui jamais ne se donnent à voir comme des tours de force, comme un étalage de son talent, mais comme le signe que le monde peut-être considéré, observé, compris, sous différents points de vue, que le réel est multiple, et que, du coup, le regard de l'adulte n'est pas toujours le seul qui vaille, et celui du petit insecte a sa place, lui aussi.

Beaucoup de place est donnée aux activités manuelles, dans les illustrations et le texte. La famille souris est débrouillarde, construit tout par elle-même, de sa maison (Une nouvelle maison pour la famille souris), à une plate-forme pour dîner dans les arbres (La famille souris dîne au clair de Lune) ou des radeaux pour voguer sur l'eau (La famille souris et la mare aux libellules)ou encore des jeux de société et des luges (L'Hiver de la famille souris). Au-delà de ces constructions et petits chantiers apparaissant de manière évidente dans l'illustration et le texte, il y a la multitude de détails à observer à chaque page et qui indiquent que les objets du quotidien sont tous faits main : les assiettes et bols en bois, les petites échelles en bambou, les fours en terre, les étagères, les paniers en osier, le petit camion en bois de Benjamin, la table, les bancs... En cela, la famille souris est un exemple de décroissance !

La cuisine et ses préparatifs sont présents dans la majorité des albums. Iwamura aime à dessiner les aliments, la nourriture et son partage, et le texte prend le relai en décrivant souvent les saveurs, la gourmandise, le plaisir :

“Petite soeur aime toucher la pâte, douce et tiède comme la joue de Grand-mère.”

“Les gâteaux sont tendres, un peu élastiques, délicieusement collants.”

Cet univers tout à la fois rassurant, dépaysant, quotidien et poétique offre de beaux moments de partages de lecture. Il ouvre aussi de nombreuses pistes bibliographiques : nature et jardinage, faune et flore, temps et saisons, mode de vie japonais, vie de famille, écologie et décroissance.

Alors bonnes lectures à vous, petites souris de librairies ! -Stéphanie

Tous les albums de la famille souris sont édités à l'Ecole des Loisirs.
D'autres titres de Kazuo Iwamura sont également disponibles aux éditions Mijade et Autrement.

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